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Environnement
Forêts du Var :
L'AVENIR DU MASSIF DES MAURES
A propos des incendies de forêt de l'été dernier, on versera au débat l'intéressant dossier que fait actuellement circuler l'association pour la sauvegarde des sites de La Croix Valmer.
Sous le titre « Avenir du massif des Maures - Développement durable », l'association analyse la situation sous ses différents aspects.

Ils peuvent se résumer :
  • au rôle de l'habitant, seul ou en action collective entre voisins ;
  • au rôle de la Commune, par ses dispositions d'urbanisme et par son action au quotidien, notamment à travers les Comités Communaux des Feux de Forêts (CCFF) ;
  • au rôle de l'Etat, de la Région et du Département, pour l'organisation d'un efficace cloisonnement du massif des Maures.
Il est clair pour tout le monde aujourd'hui, que les feux de l'été se sont propagés sans obstacles. On revient donc en premier lieu sur les « coupures incendie », les fameux pare feu des anciens, dont de nombreux exemples vécus permettent de souligner l'efficacité, les sapeurs-pompiers eux-mêmes n'étant pas les derniers à le reconnaître.

En zone urbanisée, le rapport préconise :
  • le débroussaillement préventif, fermement respecté ;
  • les moyens d'équipement, notamment liés à l'existence des bassins et piscines ;
  • les exercices concernant les matériels et les comportements en cas d'incendie, portant sur une coopération au sein des lotissements ou entre voisins, en coordination avec les CCFF et les polices municipales, eux-mêmes relais des pompiers et des gendarmes.

En zone forestière, les auteurs du rapport insistent sur le cloisonnement de la forêt, par :

  • les coupures dans les zones déjà opérationnelles, cultivées et habitées, qu'il convient de rendre véritablement « étanches » ;
  • les coupures incendie dans les zones de forêt dense et de friches, qu'il convient, au-delà des Plans de Prévention des Risques Incendie de Forêt (PPRIF) communaux, d'inscrire dans un PPRIF spécifique et global pour le Massif des Maures, avec financement « durable » par l'Europe, l'Etat, la Région et le Département. Il semble d'ailleurs que le Préfet du Var se soit montré déjà sensible à cette argumentation, en annonçant, récemment, la mise en place prochaine de trois grands PPRIF, pour le Massif des Maures, l'Estérel et la Sainte-Baume. De son côté, tout récemment à l'Assemblée nationale, le député (UMP), Jean-Michel Couve, s'est adressé au ministre de l'Agriculture, Hervé Gaymard, pour souligner l'intérêt de ce cloisonnement « à mettre en place très vite si on veut qu'il soit opérationnel dans les 5 à 10 années à venir ». Une vitesse que certains estiment déjà plus que relative.

Intéressant, ce rapport l'est à plus d'un titre et il appelle à un certain nombre de réflexions.

Massif des Maures
Forêt des Maures
D'abord, il convient d'évoquer le sentiment des populations locales, partagées entre la nécessité de sauver le Massif par la protection des sols, de la flore et de la faune, et la crainte de voir glisser la spéculation immobilière sur les terrains sinistrés, ou sur ceux qui ne l'ont pas été, au prétexte de procédures de protection incendie. Il est donc indispensable de confirmer formellement le caractère naturel de l'ensemble des zones incendiées ou pas.

Ensuite, il n'est pas interdit de se demander ce que veut vraiment le gouvernement qui vient de baisser de 25% le budget consacré à l'entretien de la forêt. Après les visites émotionnelles, au lendemain des incendies, du ministre de l'Intérieur, du Premier ministre et du Président de la République, cette baisse sur laquelle, on s'en doute, peu de publicité a été faite, prend les airs d'une détestable trahison.

Enfin, le rapport contient une évocation du renforcement de la présence humaine en forêt, que relaie parfaitement bien la Chambre d'Agriculture du Var, en organisant à la mi-novembre une journée incendie sur le terrain, en présence des représentants du Préfet et des élus départementaux et communaux. Le président de la Chambre, M. Bonnet, a présenté à cette occasion les grandes lignes d'un programme que la profession agricole propose de développer, notamment en intervenant de manière active dans la gestion des grandes coupures incendie.

Il va sans dire que cette action ne pourra être menée à bien qu'en présence d'un consensus général et surtout, du nerf de la guerre, le financement, pour les opérations publiques et les aides aux initiatives privées.

Compte tenu des postures actuelles, dont certaines sont évidemment dues aux prochaines échéances électorales, régionales et départementales, il est permis de penser que les choses se feront lentement, si elles doivent se faire. En tout cas, rien de bien concret ne sera fait pour l'été 2004.

Il ne reste plus qu'à prier les pyromanes de se mettre aussi en vacances.

Pierre Nembrini

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